On ne parle que de cela : l’affaire Thélyson Orélien, ce best-seller, déjà plusieurs fois primé, qui était appelé à rafler les prix littéraire, et accusé d’avoir été écrit par l’IA.
On ne reviendra pas sur les tenants et les aboutissants de la polémique : le logiciel Pangram est-il fiable ? Quel intérêt poursuit réellement l’accusateur de l’écrivain ? Existe-il un soupçon de racisme ? L’abondance des articles et des prises de positions, positives ou négatives, permettra à chacun de se faire une idée.
Ce qui paraît le plus important, c’est que cette affaire révèle une inquiétude majeure exprimée par de nombreux observateurs : la place de l’IA dans notre vie pratique, intellectuelle, morale.
Les prédictions formulées sur une éventuelle prise de pouvoir des machines sur l’humanité sont-elles sur le point de devenir une réalité ? Comment éviter l’inéluctable entropie de l’intelligence humaine liée à l’utilisation paresseuse des machines à penser ?
En réalité, cette interrogation n’est pas nouvelle. Dès l’apparition des premiers ordinateurs, et malgré leurs performances rudimentaires, les auteurs de science-fiction, imaginant les progrès que feraient ces machines encore balbutiantes, lançaient un avertissement : l’homme risque de devenir l’esclave de ses propres créations. N’est pas Dieu qui veut.
C’est notamment ce que raconte le romancier Fredric Brown en 1954 dans sa nouvelle, presque passée inaperçue alors, « La Réponse »
En 1963, la revue « Planète », dirigée par Louis Pauwels, publiait, aux coté de la nouvelle de Brown, un long article de Jacques Bergier, où l’on trouve dejà les prémices des interrogations qui nous agitent aujourd’hui. Il faut lire attentivement ce texte jusqu’au bout : On ne peut comprendre le présent et imaginer le futur qu’à la lumière du passé.
Jean-Michel Brun
LE NOUVEAU CONTRAT SOCIAL Think Tank : Pour une nouvelle politique citoyenne